Les bombardiers H-6J chinois s’entrainent au largage de mines navales

Si la Marine chinoise est désormais solide en matière de flotte de surface, avec dans les tous prochains mois une flotte composée de 5 croiseurs Type 055 et de 25 destroyers Type 052D en ligne, plus un centaine de frégates et corvettes, elle reste sous la menace des sous-marins américains mais également japonais, sud-coréens voire australiens (dans un avenir lointain, très lointain…), comme l’a montré l’accident de l’USS Connecticut en mer de Chine il y a deux mois. Bien que des mesures à moyen terme aient été prises, comme par exemple l’arrivée progressive des nouveaux sous-marins Type 039C ou le possible remplacement des 20 premières corvettes Type 056 par un modèle aux performances de détection anti-sous-marine accrues, le besoin de renforcer la Défense anti-sous-marine en Mer de Chine du sud et dans la passe Taïwan est quant à lui présent, et requiert des mesures immédiates.

C’est probablement dans cette optique que les forces aéronavales chinoises ont procédé la semaine dernière à un exercice de largage de mines navales à l’aide de leur nouveaux bombardiers à long rayon d’action H-6J, lors d’un exercice combinant minage et bombardement conventionnel, selon le site d’état GlobalTimes.cn citant un reportage de la 7ème chaine de télévision chinoise, consacrée aux forces armées. De toutes les méthodes de lutte anti-sous-marine, le minage des accès navals est incontestablement celle qui peut potentiellement poser le plus de problèmes aux sous-marins américains et alliés. Par nature passive, les mines sous-marines sont très difficiles à localiser pour un submersible en plongée tentant de rester le plus discret possible. En revanche, elles ne sont efficaces que sur des zones de passage relativement étroites et à faible profondeur, comme dans les détroits.

Selon les observations, au moins deux sous-marins Type 039C, disposant d’un kiosque aux formes caractéristiques, seraient à la mer à ce jour

Reste que, eu égard à la géographie particulière de la Mer de Chine du Sud, et du Detroit de Taiwan, cette méthode, certes quelque peu archaïque, peut se révéler très efficace pour tenir à distance les sous-marins occidentaux, en fermant certains détroits clés notamment ceux donnant accès à la Mer de Sulu le long des cotes philippine, voire en bloquant certains passages entre les iles japonaises d’Okinawa et d’Amami-Oshima, permettant à la Marine chinoise de concentrer ses moyens de surface, sous-marins et aériens de lutte anti-sous-marine sur les espaces restants, sans devoir se disperser outre mesure. Une telle solution peut également être envisagée pour rapidement miner les cotes orientales de Taïwan si l’ile venait à être capturée par les forces chinoises, de sorte à empêcher une contre-offensive amphibie alliée.

En revanche, la mise en oeuvre d’une telle stratégie suppose d’avoir auparavant obtenu la supériorité aérienne totale sur l’espace aérien concerné, ainsi que la suppression de l’ensemble des défenses anti-aériennes de l’adversaire. En effet, le largage de mines sous-marines suppose que l’aéronef évolue prés de la surface, à vitesse relativement lente, en faisant une cible de choix pour la chasse ou la défense anti-aérienne adverse le cas échéant. Reste que le fait que les forces aéronavales s’entraînent ouvertement à ce type de manoeuvre, et en font même la promotion publique, apparait incontestablement comme un message adressé à l’US Navy ainsi qu’à ses alliés, pour mettre en garde contre la présence potentielle de ce type de mines désormais en mer de Chine du Sud. Nul doute que ce message aura été entendu à Washington, la perte d’un sous-marin nucléaire occidental détruit par une mine sous-marine chinoise constituant, en ces temps de tension, un casus belli potentiel entre les deux super puissances.

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