Le Super Hornet de Boeing quitte la compétition canadienne par la petite porte

Depuis une dizaine d’années, le F-35 Lighting II de Lockheed-Martin s’est imposé dans toutes les compétitions à laquelle il a participé. Si les conditions de ces victoires sont souvent soumises à discussion, il n’en demeure pas moins vrai que l’appareil américain, en dépit de ses faiblesses et de ses nombreux défauts, est toujours parvenu à convaincre les officiels en charge de choisir, pour leurs pays respectifs, l’appareil qui constituera le fer de lance de leur force aérienne pour les 50 années à venir. Le Canada ne fera probablement pas exception à la règle, puisqu’après le retrait de Dassault Aviation et de son Rafale, puis d’Airbus DS avec l’Eurofighter Typhoon, tous deux estimants que la compétition telle que présentée par Ottawa était biaisée en faveur des Etats-Unis, c’est au tour de Boeing et de son F/A 18 E/F Super Hornet de devoir quitter la compétition, cette fois sur décision canadienne.(une petite explication s’impose concernant le Super Hornet et la désignation F/A-18 E/F : F/A signifie Fighter/Attack pour avion de chasse et d’attaque, quant au E/F, ils désignent les versions monoplaces (E) et biplaces (F) de l’appareil).

En effet, selon des informations non officielles mais corroborées par plusieurs sources, Ottawa aurait jugé que l’offre de Boeing ne répondait pas aux exigences du cahier des charges et des exigences canadiennes, sans que l’on sache si le chasseur embarqué phare de l’US Navy n’avait pas répondu aux exigences technologiques ou opérationnelles, ou s’il s’agit d’un problème dans l’offre commerciale portée par Boeing. Il ne reste, dès lors, en compétition, que le super favori F-35A de Lockheed-Martin, et le super challenger JAS 39 Gripen E/F de Saab, (E pour monoplace, F pour biplace) dont bien peu estiment qu’il puisse avoir une quelconque chance face au chasseur américain, le Canada étant par nature intimement lié aux exigences opérationnelles et technologiques de son unique voisin pour la Défense aérienne de l’Amérique du Nord, et en particulier de la frontière arctique canadienne.

Une nouvelle fois, le F-35A fait office de grand favori dans la compétition pour le remplacement des CF-18 canadien

Pour autant, le fait que Boeing ait été remercié, et pas Saab, laisse supposer que le Gripen aurait satisfait aux exigences opérationnelles canadiennes, et que l’offre de Saab en aurait fait de même. Pour l’heure, aucun des constructeurs en lice n’a reçu de notification officielle venant d’Ottawa, et donc tous s’abstiennent de la moindre déclaration. Mais il s’agirait incontestablement d’un coup dur pour Boeing, et pour l’avenir de son Super Hornet, alors que l’US Navy souhaite cesser les acquisitions dès 2023, et que les contrats exports possibles, en Finlande, en Inde, en Espagne ou en Allemagne, sont tous menacés par la concurrence du F-35 ou du Rafale M dans le cas de l’Inde. Il est vrai que, d’une certaine manière, Boeing trouve ici la monnaie de sa pièce, après avoir mené des actions de lobbying intense contre les avions de transport régionaux du constructeur canadien Bombardier aux Etats-Unis, et ce même si le dossier fut clos en faveur de Bombardier en 2018.


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