Quelles sont les Forces et les Faiblesses de l’Armée de l’Air et de l’Espace ?

Dans la nuit du 13 au 14 Avril 2017, 5 avions Rafale de la base de Saint-Dizier escortés de 4 Mirage-2000-5, de 2 avions Awacs et de 6 avions ravitailleurs KC-135, effectuèrent un raid de 10 heures et 7000 km pour frapper et détruire à l’aide des 2 missiles de croisière SCALP transportés par chacun des Rafale, les installations chimiques syriens utilisées par le régime du président Bashar El Assad, dans le cadre d’une coalition tripartite rassemblant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. En dépit des importantes défenses anti-aériennes syriennes mises en oeuvre, toutes les cibles visées par les frappes de la coalition en réponse à l’attaque chimique de Douma du 7 avril qui avait fait entre 50 et 150 morts selon les estimations, furent totalement détruites. Cette opération, baptisée Hamilton coté français, n’est qu’un exemple des capacités avancées dont dispose aujourd’hui l’Armée de l’Air et de l’Espace, incontestablement l’une des plus efficaces et aguerries en Europe, mais également sur la planète.

Pourtant, en dépit de cette indéniable technicité, et d’appareils parmi les plus performants en service, l’Armée de l’Air française n’a pas davantage été épargnée que l’Armée de Terre et que la Marine Nationale par les reformes et restrictions budgétaires ayant parfois sévèrement entamé son potentiel opérationnel. Alors que l’hypothèse de devoir se confronter, dans un avenir de plus en plus proche, à des forces aériennes et des défenses anti-aériennes intégrées massives et performantes ne cesse de croitre, quelles sont, aujourd’hui ainsi que dans la décennie à venir, les atouts dont dispose de cette force aérienne ? mais aussi quelles en sont ses faiblesses, et à quel point celles-ci peuvent elles amoindrir son efficacité pourtant déterminante pour l’ensemble des armées françaises, et pour la sécurité du pays ?

Une force aérienne puissante et homogène en pleine transformation

Des trois armées françaises, l’Armée de l’Air devenue en 2020, l’Armée de l’Air et de l’Espace, est probablement celle qui fut le mieux préservées des restrictions budgétaires et des réformes de format ces 25 dernières années. De part sa dimension d’armée technologique, elle fut moins impactée que l’Armée de terre de la professionnalisation des armées françaises. En outre, elle parvient à sanctuariser, non sans mal et maintes bras de fer avec les autorités politiques du pays, certains programmes clés pour sa modernisation en ces temps de disette budgétaire sur fonds de « bénéfices de la Paix », comme l’avion de combat Rafale, l’avion de transport stratégique A400M, ou l‘avion ravitailleur A330 MRTT Phoenix, de sorte à poursuivre sa modernisation y compris lors des difficiles années de 2005 à 2015 qui firent tant de dégâts aux armées françaises. De fait, aujourd’hui, l’Armée de l’Air et de l’Espace aligne une flotte de chasse de 210 appareils dont 102 avions Rafale B et C, aux cotés d’une flotte de transport de 70 aéronefs dont 18 A400M, de 17 avions de ravitaillement en vol dont 6 A330 MRTT, de 4 E-3F Awacs et de plus de 70 hélicoptères dont 10 H225M Caracal dédiés aux opérations spéciales et aux missions de sauvetage. Elle opère également une vingtaine de satellite de détection et de communication, une douzaine de drones MALE Reaper, une centaine d’avions d’instruction et une trentaine d’appareils de transport lourd et de liaison, pour un total de 580 aéronefs de combat auxquels s’ajoutent les quelques 10 batteries de défense anti-aérienne à longue portée SAMP/T Mamba et les 12 batteries de défense rapprochée Crotale NG.

Le Rafale est aujourd’hui un des meilleurs avions de combat du moment, offrant une polyvalence et des performances avancées à l’Armée de l’Air et de l’espace , notamment en matière d’engagement en environnement contesté

Incontestablement, l’Armée de l’Air surpasse en de nombreux aspects les autres forces aériennes européennes, d’autant plus lorsqu’elle opère conjointement avec l’aéronautique navale et ses 200 aéronefs. Elle dispose également de capacités rares de projection de puissance à longue, voire très longue, distance, et d’un haut niveau d’aguerrissement et de technicité de ses quelques 40.000 aviateurs et officiers. Dès lors, à l’instar de l’ensemble des forces aériennes occidentales, l’Armée de l’Air et de l’espace représente non seulement le bras armé initial et final de la politique militaire française, participant notamment avec deux escadrons de chasse à la mission de dissuasion, mais elle porte également la majeure partie de la puissance de feu des forces armées françaises, protégeant et agissant aux profits des unités terrestres et navals engagées au combat. Enfin, cette armée est engagée dans un vaste effort de modernisation, qui l’amènera d’ici la fin de la décennie à aligner, entre autres, 185 avions Rafale au standard F4 puis F5, 15 avions ravitailleurs A330 MRTT, ou encore 50 avions de transport stratégiques A400M, mais également de nouveaux appareils comme les 3 Falcon Archange de renseignement et d’écoute électronique, ou les hélicoptères H160M Guépard du programme HIL, chacun d’entre eux apportant des capacités et des performances inédites en terme de combat, d’allonge, de capacité de transport et d’engagement coopératif.

Des impasses capacitaires critiques


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