Florence Parly confirme le remplacement des 12 Rafale d’occasion vendus à la Croatie

Voilà qui met fin à un long suspense, ainsi qu’à certaines inquiétudes. En effet, la ministre des Armées françaises Florence Parly, en deplacement à Zagreb pour la signature de la vente de 12 Rafale d’occasion à la Croatie, a confirmé par un tweet que les appareils, qui seront prélevés sur le parc de l’Armée de l’Air et de l’Espace, seront effectivement remplacés par une commande qui sera lancée dès 2023. Selon toute probabilité, les nouveaux avions de combat seront commandés concomitamment au premier lot de 30 Rafale au standard F 4.2, qui doit également avoir lieu à ce moment selon la planification de la Loi de programmation Militaire 2019.2025. Au total, donc, l’Armée de l’Air et de l’Espace devrait dès lors effectivement disposer des 159 Rafale prévus en 2028, pour un objectif final visé de 185 appareils au début de la décennie suivante.

Cette décision était loin d’être actée depuis l’annonce du choix de Zagreb en faveur de l’appareil français face au F-16V américain et au JAS 39 Gripen C suédois. En effet, après avoir initialement garanti que les 12 avions prélevés sur le parc de l’Armée de l’Air donneraient lieu à un remplacement intégral comme ce fut le cas pour les 12 Rafale d’occasion acquis par Athènes quelques mois plus tôt, les autorités françaises, et notamment le Ministère des Armées, semblaient se diriger vers un fléchage des crédits liés à cette vente pour financer la modernisation des 14 Rafale F3 qui, aujourd’hui, servaient de stock de pièces pour l’Armée de l’Air, en attendant de pouvoir financer leur modernisation.

Les 12 Rafale d’occasion acquis par la Grèce aux cotés de 12 autres appareils neufs, ont donné lieu à une commande de remplacement annoncée quelques semaines après l’officialisation de l’engagement d’Athènes.

Le Rafale F4, première standard de la seconde phase d’évolution du Rafale, ne sera pas constitué d’un, mais de deux standards. Le F 4.1, disponible à priori en fin d’année prochaine, sera le nouveau standard des appareils venants d’un standard ultérieur, et notamment du standard F3R actuel. Il conférera à l’avion de combat français de nouvelles capacités avec notamment des senseurs modernisés, une nouvelle version du système d’auto protection SPECTRA, et l’intégration de nouveaux armements comme le missile air-air MICA NG. Le standard F 4.2 sera, quant à lui, disponible en 2024 et exclusivement réservé aux appareils neufs, car intégrant certaines évolutions structurelles de l’appareil. Ces évolutions lui permettront notamment d’accroitre sensiblement ses capacités de traitement et de fusion de données, lui permettant de se rapprocher au plus prêt des capacités offertes par les avions dits de 5ème génération dans ce domaine. Les deux lignées évolueront parallèlement par la suite vers les standards ultérieurs, le F 4.2 offrant naturellement des capacités d’intégration étendues vis-à-vis du F4.1.

De fait, remplacer des Rafale en parc par de nouveaux appareils qui seront directement livrés au standard F4.2 constitue naturellement une opportunité pour l’Armée de l’Air et de l’Espace, puisque ses nouveaux appareils disposeront non seulement de capacités étendues et d’un potentiel de vol intégral, mais également d’une évolutivité renforcée, avec en ligne de mire la convergence vers le SCAF européen. Il s’agit en outre d’une excellente opération budgétaire, puisque les recettes pour l’Etat générées par la vente des 12 appareils d’occasion cumulées aux recettes liées à la production des 12 appareils neufs dépasseront sans le moindre doute les investissements nécessaires pour acquérir ces appareils neufs, tout en économisant les frais de modernisation.

L’annonce de Florence Parly faite aujourd’hui est au final à prendre au conditionnel, puisqu’elle n’engage, en réalité, qu’Emmanuel Macron lui-même, et ce uniquement s’il sort vainqueur des élections présidentielles et législatives à venir

Reste que l’annonce faite par Florence Parly n’est qu’en partie contraignante, puisqu’elle n’engage, au final, qu’Emmanuel Macron, et ce uniquement si celui-ci venait effectivement à être re-élu en 2022. Or, jusqu’à présent, les questions de défense semblent être abordées de manière superficielle, si pas totalement ignorées, par l’ensemble des candidats à la Magistrature suprême, qu’ils soient ou non effectivement déclarés, et l’on peut craindre, dès lors, que les annonces de ce type ne constituent en rien un engagement ferme de l’Etat en faveur de ses armées. On peut se demander, dans ces conditions, s’il n’eut pas été préférable de passer cette commande à court terme avant les élections présidentielles, et non de la reporter à 2023, avec des livraisons en 2026 ou 2027 comme certainement imaginé par la Ministre des Armées, de sorte à en garantir la parfaite exécution, quel que soit le résultat des élections à venir.

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