La Frégate FREMM anti-aérienne Alsace rejoint le service actif dans la Marine Nationale

Le nouvelle frégate FREMM à capacité anti-aérienne renforcée Alsace est officiellement entrée en service ce lundi 22 novembre, selon un message publiée directement par la Ministre des Armées, Florence Parly. Ce navire remplace la frégate anti-aérienne Cassard retirée du service en mars 2019, et permet à la Marine nationale d’aligner désormais 9 frégates modernes, sur les 15 navires de ce type dont elle doit disposer selon le livre blanc de 2013 et la Revue Stratégique de 2017. Si le nombre n’y est pas encore, dans l’attente de l’entrée en service de son sister-ship la Lorraine en 2022, puis des nouvelles Frégate de Défense et d’Intervention FDI entre 2025 et 2030, les nouvelles capacités offertes par l’Alsace, notamment en matière de défense anti-aérienne, permettent à la Marine Nationale de faire un important bond capacitaire immédiat.

Si le frégates de la classe Alsace ne dispose ni du tonnage, ni de la puissance de détection et de feu des deux Frégates de Défense Aérienne de la classe Forbin, elles sont en revanche bien plus polyvalentes, et nettement moins onéreuses (35% moins onéreuses). En effet, L’Alsace est une évolution de la classe Aquitaine, une frégate polyvalente disposant notamment de capacités de frappe vers la terre avec 16 missiles de croisière MdCN. Si les 16 MdCN ont été remplacés par autant de missiles anti-aériens Aster 30 à longue portée, pour un total de 32 missiles en silos verticaux prêts à faire feu, et si le radar Herakles de la FREMM a été optimisé pour les missions anti-aériennes, l’Alsace conserve en effet les excellentes capacités de lutte anti-sous-marine et de lutte anti-navire des Aquitaine, avec une chaine de détection sonar très performante incluant un sonar tracté CAPTAS-2 et un sonar de coque Kingklip, et un hélicoptère de lutte ASM Caiman.

le NH-90 Caiman Marine offre des capacités de detection et d’engagement des menaces sous-marines et de surface très performantes, notamment grâce à son sonar trempé Flash

De fait l’Alsace est tout aussi à l’aise dans les missions de défense anti-aérienne, en étant capable de mettre en oeuvre une zone de déni d’accès de 100 km autour d’elle grâce à ses missiles Aster 30, que dans le domaine de la lutte anti-sous-marine, disposant de la même discrétion et des mêmes capacités de détection et d’engagement que l’Aquitaine dans ces domaines. La frégate constituera dès lors un élément clé de la protection des unités majeures de la Marine Nationale, comme le porte-avions Charles de Gaulle ou les porte-hélicoptère d’Assault de la classe Mistral, aux cotés des FDA de la classe Forbin, et des FREMM de la classe Aquitaine. A noter que l’annonce de l’entrée en service de l’Alsace est intervenue alors même que celle-ci participe à l’exercice majeur de la Marine Nationale Polaris, qui rassemble en Méditerranée et dans le Golfe de Gascogne, 24 navires dont le porte-avions Charle de Gaulle, appartenant à 6 nations (France, Espagne, Italie, Etats-Unis, Grèce et Royaume-Uni), 65 aéronefs et 6000 marins ainsi que des éléments de l’Armée de terre et de l’Armée de l’Air, et ce jusqu’au 3 décembre 2021.

En revanche, on ne peut s’empêcher de remarquer que les moyens dont dispose aujourd’hui la Marine Nationale sont particulièrement réduits. Outre le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle et les 3 PHA, elle n’aligne que 4 sous-marins nucléaires d’attaque opérationnels, 2 frégates de défense aérienne, 7 FREMM dont une de defense aérienne, ainsi que 5 Frégates légères furtives, dont une a été modernisée pour faire office d’intérim dans l’attente des livraisons de FDI. Le reste des unités se compose de frégates T70 aux capacités opérationnelles dépassées impropres à l’engagement moderne, et de patrouilleurs de haute mer A69 encore plus anciens, et de chasseurs de mines Tripartite atteignant eux aussi l’âge de la retraite. Malheureusement, alors même que le format de la Marine Nationale est insuffisant pour répondre aux enjeux sécuritaires qui sont apparus ces dernières années, celle-ci ne pourra disposer de son arsenal minimum qu’à horizon 2030, lorsque toutes les FDI, mais également les SNA classe Suffren, et les nouveaux patrouilleurs océaniques auront été livrés. Il ne reste plus qu’à espérer que rien de grave n’arrive d’ici là ….

En dépit de moyens parfois uniques, comme le porte-avions Charles de Gaulle, la Marine Nationale va traverser la décennie en situation de déficit capacitaire chronique

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