L’Australie envisagerait de commander de nouveaux sous-marins conventionnels Collins comme « solution d’attente »

Lorsque Scott Morrison annonça en septembre dernier l’annulation du contrat pour la construction de sous-marins à propulsion conventionnelle de la classe Attack du français Naval Group, afin de s’équiper de sous-marins à propulsion nucléaire de facture américaine ou britannique, de nombreux observateurs firent remarquer que la calendrier sous-tendu par une telle décision allait poser de graves problèmes à la Marine Royale Australienne. En effet, les 6 sous-marins conventionnels de la classe Collins actuellement en service, et entrés en service entre 1996 et 2003, auraient toutes les peines du monde à être maintenus en service actif jusqu’en 2050, date optimiste pour la livraison du dernier sous-marin Nucléaire d’attaque destiné à les remplacer. De nombreuses hypothèses ont depuis circulées, comme la location de sous-marins nucléaires américains ou l’extension de vie des Collins, mais aucune n’est véritablement en mesure de répondre aux besoins opérationnels liés au contexte géopolitique en dégradation rapide dans le Pacifique.

Il semble qu’après l’enthousiasme largement excessif affiché par les autorités australiennes suite à l’annonce de ce changement de cap, la réalité des faits commence à s’imposer à Canberra, et les options qui se présentent désormais sont pour le moins loin d’être satisfaisantes, militairement comme économiquement. En effet, selon le site Financial Review, les autorités australiennes étudieraient désormais une solution intermédiaire basée sur l’acquisition de nouveaux sous-marins à propulsion conventionnelle, en particulier celle de nouveaux sous-marins de la classe Collins dans une version modernisée…. En effet, pour amener les 6 sous-marins actuellement en service au delà de 2030, l’Australie avait déjà annoncé un programme de modernisation de 6 Md$ sensé permettre à ces navires basés sur des technologies des années 80, de continuer à assurer leur mission pour les 15 années à venir. Le nouveau standard ainsi défini pourrait permettre, dès lors, de concevoir de nouveaux navires avec une empreinte budgétaire réduite en matière de R&D, pour assurer l’intérim en relevant les navires actuels dans l’attente des hypothétiques sous-marins à propulsion nucléaires à venir.

Les performances offertes par le Shortfin barracuda, que ce soit en terme de vitesse ou de discrétion, sont sans commune mesure avec celles des Collins actuellement en service au sein de la Royal Australian Navy

Pour autant, cette approche très théorique serait loin d’être pertinente, et ce en de nombreux points. Comme dit précédemment, les Collins sont des bâtiments conçus dans les années 80, sur la base du modèle Vâstergötland suédois, soit à deux générations d’écart avec les sous-marins modernes comme le Blekinge suédois, le Taïgei japonais ou le Shortfin français. Beaucoup plus imposants que le modèle d’origine, les Collins australiens rencontrèrent d’immenses problèmes techniques lors de leur mise en service, problèmes qui ne furent finalement réglés qu’au bout d’une quinzaine d’années, à grand renfort de milliards de $. En outre, les navires ont toujours souffert d’une discrétion acoustique limitée, très inférieure à celle des autres navires de l’époque comme le Type 209 allemand ou l’Agosta français. Si ce défaut a en partie été corrigé en redessinant une grande partie du navire, dont le dôme sonar, il n’en demeure pas moins en retrait des standard actuels portés par les navires modernes comme les Soryu japonais, Type 212 allemands et Scorpene français, ainsi que, et c’est problématique, les Type 039A chinois, ceux-là même avec lesquels les unités de lutte anti-sous-marine chinoises s’entrainent.


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