Le « Buy American » de Joe Biden pourrait-il menacer les exportations de défense US ?

Chaque année, l’Etat Federal américain defense 600 Md$ auprés de prestataires privés, ce pour de multiples produits et services allant de l’informatique aux prestations de nettoyage, en passant par du consulting et du matériel roulant. Pour soutenir l’économie américaine, en particulier alors qu’il entreprend de lancer une série de vastes travaux se voulant le pilier de la reconstruction industrielle et sociale du pays, Joe Biden s’est, dès le mois de janvier, glissé dans les chaussures de son contesté prédécesseur, en soutenant l’émergence du « Buy American Act », une loi qui obligerait les dépenses fédérales à s’orienter majoritairement vers des prestataires nationaux, d’abord à hauteur de 55%, et progressivement jusqu’à 75% des montants investis. Lors d’une visite à l’usine de camion Mack en Pennsylvanie cet été, le Président américain avait d’ailleurs retiré cet engagement visant, celui lui, à accroitre la résilience et l’efficacité economique du pays, tout en protégeant la Supply Chain américaine largement mise à mal par la crise Covid.

Mais il est un secteur qui craint d’être le grand perdant de cette politique flirtant avec le protectionisme, l’industrie de défense, qui chaque année génère plus de 40 Md$ de chiffre d’affaire vers ses clients internationaux, et qui craint de voir ces mêmes clients se montrer beaucoup moins enclins à s’équiper de materiels américains si Washington venait à poser certaines barrières. En effet, pour certains pays dont la balance commerciale est fortement bénéficiaire vis-à-vis des Etats-Unis, comme le Japon ou encore l’Allemagne, signer de temps à autre un gros chèque pour acquérir du matériel de défense US permet de rééquilibrer les comptes, et de faire taire les plus grognons. C’est ainsi que Tokyo n’a pas hésité à commander prés de 140 F-35A et B sous la pression de Donald Trump, précisément pour ne pas se voir imposer de barrières douanières défavorables. Quant aux 45 F/A 18 E/F Super Hornet et EA-18G Growler que Berlin doit encore commander, ils apparaissent en bien des aspects comme une manière de compenser l’énorme excédent commercial généré par la vente de Mercedes, Audi et autres Porsche outre Atlantique.

Pour Tokyo, commander massivement des équipements de défense américains est un moyen de modérer l’exorbitant déficit commercial américain avec le Japon qui atteignait 70 Md$ par an avant la pandémie

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