Les forces aériennes chinoises mettent en oeuvre d’anciens chasseurs transformés en drones face à Taïwan

La République Populaire de Chine a produit, entre les années 50 et 80, près de 8500 avions de chasse dérivés de modèles soviétiques, comme le Shenyang J-5 dérivé du Mig-17 produit à 1800 exemplaires, le Shenyang J-6 et le Nanchang Q-5 dérivés du Mig-19 produits respectivement à 4500 et 1300 exemplaires, ainsi que le Chengdu J-7 dérivé du Mig-21 et produit à plus de 2400 exemplaires. Une partie de ces appareils, notamment des Q-5 et des J-7, sont toujours en service au sein des forces aériennes de l’Armée Populaire de Libération, mais une majorité de ces appareils ont été mis en reserve. Cette mine d’appareils, dont beaucoup sont potentiellement en condition de reprendre l’air avec une phase d’entretien, semble destinée à être mise à profit par l’Etat-Major chinois dans des versions sans pilote, transformant ces agiles et rapides chasseurs, certes obsolètes en bien des aspects, en drone de combat.

Ainsi, le Commandement du Théâtre Oriental de l’Armée Populaire de Libération, a récemment publié des photos montrant l’entrée en service de deux chasseurs biréacteurs supersoniques J-6 transformés en drone. En outre, les numéros de série des appareils masqués sur les clichés laissent à penser que ce modèle était déjà en service au sein des forces aériennes chinoises. Or, dans le même temps, des clichés satellites pris le 15 septembre de la base aérienne de Liancheng, située face à Taiwan, ont montré une très importante concentration de J-6, plus de 50 appareils que les analystes estiment être des versions drones J-6W, laissant supposer que cette transformation est avant tout destinée à être employer lors d’une éventuelle attaque de l’ile indépendante par l’APL. Rappelons que dans le même temps, plusieurs bases aériennes située à proximité de la passe de Taïwan, ont vu leurs capacités d’accueil et de défense sensiblement accrues.

le 15 septembre 2021, la base aérienne de Liancheng, située à 350 km de Taiwan, abritait une cinquantaine de chasseurs J-6 probablement en version drone.

Entré en service en 1962, le J-6 a été le premier chasseur supersonique de série des forces aériennes de l’Armée Populaire de libération. Long de seulement 12,5 m (hors sonde pitot) pour une envergure de 9 mètres, l’appareil affichait une masse à vide de 5,2 tonnes, et une masse maximale au décollage de 8,8 tonnes. Ses deux moteurs Wopen WP-6A, production local tu Turmansky RD-9, offraient une poussée unitaire de 2,6 tonnes à sec et de 3,3 tonnes avec post-combustion, conférant à l’appareil un excellent ratio puissance-poids pour l’époque, et ainsi une grande manoeuvrabilité, notamment en vitesse subsonique élevée grâce à ses ailes à forte flèche. En revanche, le J-6 n’avait qu’une vitesse maximale de Mach 1,45, et son rayon d’action était limité à 640 km avec réservoirs supplémentaires, bien en deçà des performances du Mig-21 et du J-7 qui lui succédèrent. L’armement de l’appareil, composé de 3 canons de 30mm alimentés à 70 coups chacun, et de missile AA-2 Atoll, en faisait un chasseur performant pour son époque, mais en deçà des appareils plus modernes et plus polyvalents comme le F-4 Phantom américain, ou le Mig-21 soviétique. Les derniers J-6 furent retirés du service à la fin des années 90 dans les unités de combat de la PLAAF.


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