Mission de la dernière chance pour le véhicule blindé britannique Ajax

Depuis plusieurs mois, le programme de véhicule blindé Ajax destiné au forces armées britanniques fait face à de nombreuses critiques, après que d’importants problèmes techniques aient été révélés dans la presse outre-manche, et que plusieurs centaines de militaires aient été blessés par les vibrations et le niveau sonore très élevés à l’interieur du blindé lorsque celui-ci se déplace. Les autorités ont un temps tergiversé, ne sachant pas définir si le programme devait être poursuivi, pour tenter de corriger les défauts parfois rédhibitoires constatés, ou stoppé purement et simplement. Finalement, la décision de l’avenir du programme a été confié au directeur des livraisons de programme du Ministère de La Défense, David Marsh, dans un courrier de mission qui lui a été transmis le 1er octobre.

Ainsi, l’ingénieur reconnu pour sa rigueur au travers de ses 30 années d’experience au sein de la division technique du Ministère de La Défense britannique, s’est vu confier la mission de redéfinir un plan d’action robuste afin de poursuivre le developpement du programme et de reprendre les livraisons, sur la base d’un calendrier maitrisé et d’une viabilité garantie. Si toutefois de tels objectifs ne pouvaient être raisonnablement atteints, ce dernier s’est vu donner mandat pour suspendre, et le cas échant, annuler purement et simplement le programme, cette option étant spécifiquement inscrite dans la lettre de mission rendue publique par le Ministère de La Défense. En d’autres termes, David Marsh a la charge de piloter la mission de la dernière chance pour le programme Ajax, mais également de dédouaner les autorités politiques par une caution technique et morale si le programme de 5,5 Md£ et de 589 véhicules blindés venait à devoir être annulé.

En dépit des grandes ambitions que portait le programme Ajax, l’avenir du blindé est désormais dans les mains d’un seul homme outre-manche.

Le simple fait de déléguer une décision aussi importante, tant du point de vue budgétaire que du point de vue opérationnel, est en soit exceptionnel, et de bien mauvais augure pour l’avenir de l’Ajax. En effet, si le programme avait à sa disposition des solutions accessibles et évidentes, il fait peu de doutes que le Ministère de la Défense, et son Secrétaire Ben Wallace, auraient gardé la main sur le projet, ne serait-ce qu’à des fins de communication politique, alors que le gouvernement de Boris Johnson a fait de la reconstruction de la puissance militaire britannique un marqueur fort de l’indépendance retrouvée de la Grande-Bretagne sur la scène internationale suite au Brexit, comme la France a pu en faire l’amère experience avec le dossier australien. Le choix d’une autorité morale et technique, avec une lettre de mission ainsi formulée, laisse sous-entendre que les chances que le programme aille effectivement à son terme sont désormais des plus réduites.


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