Quelles réponses si la Turquie achetait à nouveau des systèmes S-400 à la Russie ?

Le président turc, R.T Erdogan, a rencontré une nouvelle fois son homologue russe, Vladimir Poutine, dans la ville balnéaire de Sochi sur les rives de la Mer Noire. Parmi les nombreux sujets abordés par les deux chefs d’Etat, l’acquisition par Ankara d’un second régiment de systèmes anti-aériens à longue portée S-400 apparait comme le plus problématique du point de vue occidental. La première commande de deux batteries complètes S-400 en 2017 par la Turquie, provoqua une réponse forte de Washington, Donald Trump ayant, après moultes atermoiements et sous pression du Congrès, décidé d’exclure Ankara du programme F-35, et d’annuler en 2020 la commande de 100 appareils F-35A et F-35B passée par la Turquie. Pour le président Erdogan, qui n’a pas annoncé officiellement de nouvelle commande de système S-400 ni d’autres systèmes de Défense russes visés par la législation CAATSA américaine conçue pour empêcher la Russie, et dans une moindre mesure la Chine, d’exporter ses équipements de défense majeurs en menaçant de sanction économiques et technologiques les clients potentiels, le choix d’acquérir ou non des S-400 supplémentaires est un sujet purement national, et aucun autre pays ou alliance n’a voix au chapitre dans ce dossier.

Lors de la rencontre avec Vladimir Poutine du 28 septembre, le sujet a d’ailleurs été abordé, ainsi que la possible participation industrielle de la Turquie dans la fabrication des systèmes acquis, ce qui suppose un transfert de technologie. Mais si la première commande, passée dans un contexte particulier alors que les Etats-Unis avaient, un temps, refusé d’exporter le système Patriot vers la Turquie après la tentative de coup d’Etat de 2016, ceci expliquant la réponse modérée de Washington et l’absence de réponse des autres membres de l’OTAN, une nouvelle commande serait, cette fois, un acte de défiance de la part du Président Erdogan vis-à-vis des Etats-Unis qui ne pourra rester sans une riposte exemplaire. Dans ce contexte, quelles peuvent être les réponses de la part de Washington et des alliés, et quelles en seraient les conséquences potentielles pour la Turquie, et pour la sécurité du flanc sud de l’OTAN ?

L’arrivée des premiers systèmes S400 en Turquie en juillet 2019 provoqua l’exclusion du pays du programme Joint Fighter Program et l’annulation des 100 F-35 commandés par Ankara.

La situation est loin d’être simple pour Washington. L’emploi de la menace n’a que très peu de chances d’avoir un quelconque effet, Donald Trump ayant menacé à plusieurs reprises suite à l’acquisition des premiers S-400 par Ankara de frapper l’économie turque et la monnaie locale, sans jamais joindre le geste à la parole, et en affichant même une certaine complicité avec le président Erdogan, notamment lors du sommet de l’OTAN de Londres de 2019, au grand damn de la France qui attendait une condamnation ferme de la Turquie par l’Alliance au sujet du soutien militaire apporté, en contradiction avec les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations, Unis par Ankara aux autorités de Tripoli dans le cadre de la guerre civile Libyenne. En outre, si la Turquie a bien été définitivement évincée du programme F-35, les sanctions en matière de matériel militaire ont été rapidement assouplie, permettant notamment à Ankara de motoriser ses navires, hélicoptères et blindés exportés avec des solutions américaines, allemandes ou britanniques.


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