Japon, Inde .. La course aux sous-marins nucléaires dans le Pacifique a-t-elle débuté ?

Au lendemain de l’annonce de la création de l’alliance AUKUS rassemblant les Etats-Unis, le Royaume-Unis et l’Australie, et de la commande par ce dernier de sous-marins nucléaires d’attaque au détriment des sous-marins à propulsion conventionnelle Shortfin Barracuda commandés à Naval Group, nous titrions « En Australie, Joe Biden ouvre une bien dangereuse boite de Pandore« , une analyse portant sur le risque de voir, avec cette manoeuvre, de nombreux pays s’absoudre de l’accord tacite qui empêchait jusqu’ici les 5 grandes nations nucléaires d’exporter des sous-marins à propulsion nucléaire. De toute évidence, cette option a en effet très rapidement de l’ampleur, notamment auprés de plusieurs grandes nations militaires du théâtre indo-pacifique, qui jusqu’ici se voyaient priver de cette option.

Rappelons qu’à l’inverse d’un sous-marin à propulsion conventionnelle, c’est à dire associant un moteur diesel, des batteries et le plus souvent désormais, un système de production d’électricité anaérobie dit AIP (Air Independent Propulsion) permettant d’accroitre l’autonomie de plongée jusqu’à une vingtaine de jours, les sous-marins à propulsion nucléaire n’ont nul besoin de refaire surface pour renouveler l’oxygène du bord afin de permettre aux moteurs diesels de fonctionner et de recharger les batteries. De fait, le navire peut évoluer pour une durée presque illimitée en plongée, la limite étant donnée par la nourriture disponible et l’état psychologique de l’équipage, soit une moyenne de 2 mois par mission. En outre, ces navires peuvent évoluer à grande vitesse en plongée sans limite de temps, là ou les sous-marins conventionnels, même AIP, ne peuvent évoluer qu’à vitesse réduite sous peine de voir leurs batteries se décharger très rapidement. En revanche, et contrairement à ce qui fut parfois dit ou écrit ces derniers jours, les sous-marins à propulsion nucléaire ne sont pas plus discrets que les sous-marins conventionnels, au sens que ces derniers, une fois sur batteries et en vitesse lente ou à l’arrêt, ne produisent quasiment aucun bruit, alors que la chaufferie nucléaire d’un SNA produit toujours un certain niveau sonore, il est vrais désormais moins puissant que le « bruit de la mer » lui-même, autour de 40 db, soit le bruit d’un lave-vaisselle moderne.

Le sous-marin nucléaire lanceur d’engins INS Arihant est le premier sous-marin à propulsion nucléaire conçu par l’Inde. La fin du statu quo sur les exportations technologiques de ce type va permettre à New Delhi de rapidement accroitre ses compétences dans ce domaine, notamment avec l’aide potentielle de la France.

Le premier pays pour qui l’accès à une technologie permettant de concevoir et de construire une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire destinés à l’attaque et désignés par l’acronyme SNA en français ou SSN en anglais, est incontestablement l’Inde, qui a entamé un important effort pour moderniser et étendre sa flotte, et dont le chef d’Etat-Major de la Marine avait annoncé à juin dernier qu’il était prêt à sacrifier son 3ème porte-avions pour acquérir 6 submersibles de ce type. Ce n’était donc pas un hasard du tout si, à la suite de l’annonce de la rupture du contrat Australien, la première déclaration internationale du président français fut conjointe avec son homologue indien Narendra Modi, pour affirmer la volonté des deux pays de concevoir une coopération inclusive dans le Pacifique, et pour souligner le rôle stratégique de la coopération technologique de défense franco-indienne dans ce domaine, et ce d’autant que, si l’Inde a conçu par elle même sa propre classe de sous-marin à propulsion nucléaire, l’INS Arihant, elle est loin d’égaler les savoir-faire des 5 grandes nations nucléaires dans ce domaine.


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