La course aux missiles air-air à très longue portée s’accélère entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie

A partir du début des années 60, la montée en puissance de la flotte de bombardiers à long rayon d’action soviétique devint un problème majeur pour l’US Air Force et l’Us Navy. Pour tenter de protéger la flotte des raids de bombardiers Tu-95, Tu-16 et Tu-22 armés de puissants missiles anti-navires souvent supersoniques, l’US navy développa simultanément deux systèmes d’arme complémentaires : le triptyque composé du missile surface-air SM-2, du radar SPY-1 et du système AEGIS qui équipa les croiseurs de la classe Ticonderoga puis les Destroyers Arleigh Burke pour répondre à la saturation potentielle des systèmes de defense traditionnels qui nécessitaient un radar de pointage par missile; et le missile air-air à longue portée et à guidage actif AIM-54 Phoenix qui devint l’arme de prédilection de l’intercepteur embarqué F-14 Tomcat. Si le missile et son avion porteur, qui furent crédités de 78 victoires dans le conflit Iran-Irak, mais d’aucun succès aux mains des pilotes de l’US Navy, ont été retirés du service depuis de nombreuses années, la nécessité de pouvoir intercepter des aéronefs ennemis à de très longues distances, elle, est demeurée. C’est ainsi qu’au début des années 90, apparurent dans un court laps de temps 3 missiles, alors considérés à très longue portée, l’AIM-120 AMRAAM américain en 1991, le MICA français en 1996, et le R77 russe en 2001, des missiles capables de détruire une cible entre 80 et 100 km de distance, et disposant d’un système de guidage radar actif pour se diriger, contrairement aux missiles à guidage semi-actifs comme les AIM-7 Sparrow ou Super-530 de génération précédente.

Le nouveau missile américain démontra rapidement ses capacités, en abattant un Mig-25 irakien en 1992, à peine une année après être entrée en service, puis un Mig-23 l’année suivante. Il s’imposa rapidement comme un standard occidental, aux cotés du MICA français lui aussi très performant, et du Vympel R-77 russe, désigné AA-12 Ader par l’OTAN, mais souvent qualifié de Amraamsky du fait de sa ressemblance avec le missile américain. Leur portée, autour de 100 km, était alors cohérente avec les capacités de détection et d’identification en combat Beyond Visual Range, ou BVR, c’est à dire au delà de la portée visuelle, nécessitant des moyens de détection et d’identification radar pour confirmer la nature de la cible. Pendant prés de 15 ans, la situation technologique évolua très peu, en grande partie du fait de l’apaisement géopolitique mondial et du faible risque de conflits de haute intensité. Les missiles furent certes modernisés, leur portée et leur précision étendues, mais sans changement radical de capacité.

Le Meteor européen est propulsé par un statoréacteur, et sa manœuvrabilité lui offre une No Escape zone de 60 km, 3 fois plus importante que celle de l’AMRAAM

Les choses changèrent cependant au cours de la décennie 2010, avec l’arrivée de deux nouveaux missiles à longue portée, le Meteor européen, et le PL-15 chinois, des missiles capables de frapper des cibles distantes de plus de 150 km, en s’appuyant sur une interconnexion entre le missile et le tireur, pour permettre un guidage progressif lors du vol. De par leurs capacités, ces nouveaux missiles firent naitre une nouvelle menace, non pas sur les chasseurs et les bombardiers, mais sur les avions de soutien, comme les avions ravitailleurs, les avions de veille aérienne avancée, ou Awacs, ou les avions de surveillance et de guerre électronique, en d’autres termes, tous les appareils aujourd’hui indispensables à la conduite d’une guerre aérienne moderne, mais traditionnellement en retrait de la ligne d’engagement. Cependant, cette portée parut rapidement insuffisante aux puissances aériennes, qui dès le milieux des années 2010, entamèrent le developpement d’une nouvelle génération de missiles air-air à très longue portée, capables d’atteindre des cibles au delà de 250 km.


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