La production navale militaire russe dépasse désormais l’Europe

Ce 23 aout, le Président Vladimir Poutine a annoncé le lancement de la construction de 6 nouveaux navires destinés à la flotte militaire russe à l’occasion de sa visite au salon ARMY-2021 qui se tient à Patriot Park dans la banlieue de Moscou. Ainsi, ce sont 2 nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la classe Borei-A, 2 sous-marins à propulsion conventionnelle Projet 636.3 improved Kilo et 2 frégates légères dont le modèle exact n’a pas été annoncé (22380 ou 22385) qui seront construits aux chantiers navals de Severodvinsk, St. Petersbourg et Komsomolsk-sur-Amur. Ces derniers mois, Vladimir Poutine est devenu coutumier de ce type d’annonce concernant la Marine Russe, après avoir fait de même le 16 juillet 2020 en annonçant la construction de 2 frégates 22350 Admiral Gorshkov, de 2 sous-marins nucléaire d’attaque lance-missiles 885-M Iassen et de 2 nouveaux porte-hélicoptères d’assaut 23900 en construction aux chantiers navals de Kerch en Crimée, puis le 28 avril 2021 en annonça l’entame de la construction de 2 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins Borei-A, de deux sous-marins à propulsion conventionnelle 636.3 Improved Kilo et de deux corvettes 20380 Steregushchiy. Avec l’annonce d’aujourd’hui, ce sont donc 18 nouveaux navires majeurs, parmi lesquels 10 sous-marins, dont la construction aura été lancée en à peine une année.

A la suite de l’effondrement soviétique, la construction navale militaire traversa 20 années très difficiles, liées à l’absence de financements publics, l’arrêt des investissements et la fuite des savoir-faire, ce qui entama grandement les capacités opérationnelles de la Marine Russe, qui ne parvenait plus à remplacer ni même entretenir convenablement ses unités navales, même les plus importantes comme les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, ou SNLE, constituant une composante clé de la dissuasion nucléaire du pays. Ainsi, à la fin des années 2000, la Marine russe ne parvenait pas même à assurer la permanence opérationnelle de la dissuasion russe en ne maintenant à la mer un SNLE que la moitié du temps. L’inflexion dans ce domaine est venue en deux temps. En premier lieu, lors de la campagne de Georgie en 2008, les militaires russes se sont rapidement rendus compte que s’ils avaient bénéficié d’une force amphibie et de son escorte, ils auraient pu prendre à revers les forces géorgiennes et réduire la durée et les pertes de cette guerre pourtant éclair (5 jours). Cela donna lieu à la commande de 2 porte-hélicoptères de la classe Mistral à la France, les chantiers navals russes n’ayant pas la capacité de construire de tels navire à ce moment.

La construction du premier SNLE classe Borei s’étala sur 17 ans. La modernisation des infrastructures industrielles russes permit de ramener ce relais à seulement 7 ans, soit l’équivalent d’une production européenne.

Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès gratuit intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits ». Les abonnés ont accès aux articles Actualités, Analyses et Synthèses en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés professionnels.

Connectez-vous ————— Abonnez-vous

Abonnement Mensuel 5,90 € / mois – Abonnement Personnel 49,50 € / an – Abonnement étudiant 25 € / an – abonnement professionnel 180 € / an – Sans engagement de durée.


A lire également

You cannot copy content of this page
Meta-Défense

GRATUIT
VOIR