La Garde Nationale, un format de prédilection pour la Haute Intensité

Le défilé militaire du 14 juillet 2021, qui aura lieu comme toujours sur l’avenue des Champs-Elysées, sera cette année sur le thème de « La Haute Intensité », une notion réapparue depuis peu avec la résurgence de ce type d’engagement, et la montée en puissance de certains forces armées comme la Chine ou la Russie. Toutefois, si les Armées Françaises mettront en valeur leurs materiels performants, comme le Rafale, le chars Leclerc, le VBMR Griffon ou encore les nouveaux navires de la Marine Nationale lors de cet événement, elles ne pourront masquer leurs capacités plus que limitées dans ce domaine, héritées de 25 années d’arbitrages budgétaires et politiques défavorables et d’une appréciation erronée de l’évolution des risques géopolitiques, y compris en Europe. Car, et tous les militaires le savent pertinemment, si les armées françaises ont des materiels performants, leurs forces manquent cruellement d’épaisseur pour pouvoir s’engager efficacement dans un vrais conflit de « Haute Intensité »

Pour autant, tout n’est pas négatif dans ce tableau. D’une part, la Loi de Programmation Militaire 2019-2025 est jusqu’à présent respectée presque strictement par le gouvernement d’Emmanuel Macron, une première depuis l’instauration de cet exercice dans les années 80. Non seulement la LPM est elle respectée, mais elle aura permis de stopper l’hémorragie capacitaire qui frappait depuis une quinzaine d’années les armées françaises, qui pour soutenir la pression opérationnelle, sacrifiaient leurs maigres réserves, entrainant l’usure accélérée des materiels, l’effondrement de la disponibilité capacitaire, l’augmentation des couts de maintenance et une baisse de moral sensible chez les militaires. Surtout, grâce à l’action combinée des Chefs d’Etat-Major, elles parvinrent à préserver un noyau d’unités agissant comme le réceptacle des savoir-faire et des compétences militaires, précisément dans le domaine de l’engagement de haute-intensité, de sorte à pouvoir, le moment venu, reconstituer les forces dans des délais raccourcis. Pour autant, redonner aux forces armées françaises de réelles capacités d’engagement de ce type serait un effort à la foi long, très couteux, et particulièrement difficile, notamment dans le domaine des ressources humaines. Il existe pourtant un modèle qui permettrait d’y parvenir dans un effort budgétaire moindre et de façon beaucoup plus souple, la Garde Nationale.

Les Armées françaises disposent en effet de capacités d’engagement de Haute Intensité, mais en faible nombre, limitant leur efficacité militaire comme politique

Commençons dans un premier temps par définir quelques notions, en particulier celle de l’engagement de « Haute Intensité ». Il s’agit d’un engagement armé face à un adversaire disposant de moyens militaires nombreux, téchnologiquement avancés, et mis en oeuvre par des militaires expérimentés. Le terme anglophone pour définir cette notion, Near-Pear Adversaries, ou adversaire proche de ses pairs est en soit explicit, puisqu’il décrit précisément un adversaire disposant de moyens proches de ceux dont disposent les armées occidentales, en qualité comme en quantité. Le dernier engagement de « haute intensité » eut lieu en 2020 dans le Haut-Karabakh entre les armées azerbaïdjanaises et arméniennes, et la dernier action militaire de ce type menée par les armées françaises eut lieu en 1991 lors de l’opération Tempête du Desert. Le terme « Garde nationale », au sens de cet article, représente une force militaire constituée de réservistes agissant en unités constituées, à la différence des réservistes actuels qui agissent dans leur immense majorité en supplétif d’un unité formée de militaires professionnels, ou dans des échelons de soutien.

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