Pakistan, Turquie : Quand le Qatar entraine ses alliés à faire face au Rafale

Le Qatar a été l’un des deux premiers partenaires de la France à faire confiance au Rafale de Dassault Aviation, comme il avait confiance au Mirage 2000 vingt années auparavant, l’appareil ayant longtemps constitué la colonne vertébrale de la défense aérienne du petit état gazier. Non seulement Doha commanda 24 Rafale à Paris en 2015, seulement quelques semaines après la première commande export de l’aéronef par l’Egypte, mais il commanda, deux années plus tard, une douzaine d’exemplaires supplémentaires, ainsi que la modernisation de sa flotte au standard F3R. En ce sens, Doha joua un rôle certainement important dans le succès que l’on connait aujourd’hui du Rafale. Pour autant, depuis plusieurs années, la proximité de l’émir du Qatar avec la mouvance des Frères Musulmans, ainsi qu’avec la Turquie et le Pakistan, pose de sérieux problèmes à plusieurs alliés de la France dans la région, ainsi qu’aux autorités françaises.

Ces dernières semaines, le malaise est monté d’un cran lorsque Doha fit participer ses Rafale fraichement acquis à un exercice de grande ampleur en Turquie, permettant aux forces aériennes du pays, mais également aux forces aériennes azerbaïdjanaises et pakistanaises qui, elles aussi, participaient à l’exercice, de se familiariser avec les performances de l’appareil français. Or, le Rafale constitue une pièce maîtresse dans l’arsenal défensif d’Athènes face à Ankara, au même titre que le mirage 2000, et il en va de même pour les Rafale Indiens, pivots de la composante aérienne de la dissuasion indienne face à la Chine et au Pakistan, ainsi que de sa défense aérienne. Dès lors, les médias des deux pays clients et alliés de la France se sont fort logiquement inquiétés de voir leurs principaux adversaires s’entrainer contre des Rafale Qatari disposant, à peu de chose prés, des mêmes performances et armements que ceux qui équipent ou équiperont leurs propres forces aériennes.

Il faut reconnaitre que les Rafale qatari ont une livrée particulièrement réussie !

On se rappelle en effet le rôle déterminant qu’avait joué le Mig-21 irakien récupéré en 1966 par les services secrets israéliens au terme d’une mission de 4 ans qui se solda par la défection d’un jeune pilote et de son appareil, et qui trouva toute sa justification lors de la guerre des 6 jours, alors que les pilotes israéliens de mirage connaissaient parfaitement les capacités de manoeuvre et les angles morts du nouveau chasseur soviétique qui équipait les forces aériennes égyptiennes, irakiennes et syriennes. Pire, si l’on peut dire, les deux alliés de Doha, le turc R.T Erdogan et le pakistanais I. Khan, ont des relations plus que tendues, et parfois même conflictuelles avec la France elle-même, comme l’ont montré les accrochages entre les marines françaises et turques en Méditerranée orientale ces dernières années. Pourtant, Doha ne semble guère s’émouvoir de cette situation, ni des probables protestations discrètes de Paris à ce sujet. Rappelons en effet que les autorités françaises mirent sous embargo d’armement la Turquie suite à l’intervention de ses armées en Syrie contre les forces kurdes alliées de la France. Ainsi, Paris bloqua l’exportation d’éléments de blindage pour le char Altay, et posa son veto sur le developpement par l’Italie d’un système de défense anti-aérien en coopération avec Ankara basé sur le système Aster.

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