L’OTAN plaide pour un rapprochement des programmes SCAF, Tempest et NGAD

Non, il ne s’agit pas de fusionner les 3 programmes ! (voilà qui devrait couper court à de nombreux commentaires venant de personnes n’ayant lu que le titre). Ceci étant posé … A l’occasion d’une conférence organisée par The Atlantic Council, une organisation américaine ayant pour but de promouvoir l’efficacité de l’OTAN et du lien transatlantique, le général Tod Wolters, l’actuel Commandant Suprême Allié en Europe, ou SACEUR, s’est prononcé pour un rapprochement des 3 programmes de système aérien de combat dits de 6ème génération actuellement en developpement, à savoir le Next Generation Air Dominance ou NGAD de l’US Air Force, le Futur Combat Air System ou FCAS britannique plus communément appelé du nom de l’avion de combat qu’il développe, le Tempest, et le Système de Combat Aérien du Futur ou SCAF qui rassemble l’Allemagne, l’Espagne et la France. S’il n’est pas question de proposer de fusionner les programmes, ce qui sortirait clairement des attributions de SACEUR, ce dernier dresse un constat objectif plaidant pour un certain rapprochement de ces 3 programmes, afin d’en garantir l’efficacité opérationnelle mais également la pérennité.

En premier lieu, pour le général Told Wolters, ces systèmes de combat aérien dits de 6ème génération se caractérisent par une dimension très avancée en matière de combat collaboratif, ainsi que par la collecte et l’échange d’une importante masse de données pour consolider cette doctrine. Du point de vue de l’Alliance Atlantique, il est donc déterminant que ces 3 systèmes soient parfaitement aptes à coopérer nativement entre eux, mais également avec les systèmes qui les entourent, qu’ils appartiennent ou non à la bulle technologique du dit programme. Or, cette capacité suppose un haut degré d’harmonisation des protocoles et des systèmes de communication de chaque techno-système, de sorte à ne pas reproduire ce qui se déroule aujourd’hui entre le F22 et le F35 par exemple, qui doivent recourir à un intermédiaire de communication pour échanger des données tactiques.

Les capacités d’engagement collaboratif sont au coeur de la doctrine de l’OTAN pour répondre à la montée en puissance russe ou chinoise.

Le second argument avancé porte, quant à lui, sur l’optimisation des efforts de Recherche et de Développement, et par là même, sur la soutenabilité de ces programmes considérés comme stratégique par le SACEUR. Concrètement, les trois programmes vont devoir developper simultanément des technologies similaires pour atteindre des objectifs identiques. Or, tant l’US Air Force qui reste fortement handicapée dans ses capacités d’investissement du fait du soutien du Congrès et d’une partie de l’exécutif au programme F35, que la Grande-Bretagne qui porte à elle seule la presque intégralité des couts de developpement de son Tempest, que le FCAS européen dont les investissements élevés sont en partie à l’origine de tensions entre ses acteurs, tous doivent évoluer dans un environnement budgétaire complexe et très contraint, obligeant à certains compromis et mettant en danger les programmes sur le moyen ou long terme.

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