Les drones de combat turcs multiplient les succès commerciaux

Les drones TB2 et ANKA ont connu une formidable exposition médiatique au cours de la guerre du Haut-Karabakh en 2020, durant laquelle, aux cotés des munitions vagabondes Harop et Harpie d’origine israélienne, ils contribuèrent grandement au succès des forces armées Azéris sur les forces arméniennes. Depuis, Ankara multiplie les contrats et les négociations exclusives en vue d’exporter ses précieux équipements, contribuant à positionner le pays dans le trio de tête des nations mondiales dans ce domaine, avec les Etats-Unis et la Chine. En effet, outre les Armées turques et Azeris, les drones turcs ont été commandés ces derniers mois par l’Ukraine, le Qatar, le Maroc, la Pologne et la Tunisie, alors que la Bulgarie et la Lettonie ont eux-aussi entamés des discussions avec Ankara pour acquérir ces systèmes.

Il faut dire que les drones turcs, et en particulier le célèbre TB2 de la société Baykar, ont des arguments à faire valoir. Avec une masse maximale au décollage de seulement 650 kg, le TB2 est beaucoup plus léger que des appareils comme le General Dynamics MQ9 Reaper américain ou le CAIG Wing Loong II chinois, avec des masses maximales respectives de 4,8 tonnes et 4,2 tonnes. Pourtant, le TB2 peut tout de même tenir l’air pendant 27 heures, soit sensiblement autant que ses homologues. De manière naturelle, il ne peut pas emporter un arsenal avancé comme les 4 missiles air-sol AGM-114 Hellfire mise en oeuvre par le Reaper, ou les 6 HJ-10 du Wing Loong II chinois. Mais l’appareil turc est doté de munitions légères parfaitement adaptées à son gabarit, comme les munitions Air-Sol légère de précision MAM-L et MAM-C, respectivement de 22 et 6,5 kg, et capables de frapper des cibles à 8 et même 14 km pour le MAM-L. La charge militaire emportée ne permet pas de détruire un char, mais est suffisamment puissante pour lourdement l’endommager et l’obliger à se retirer du combat. En revanche, pour des cibles moins protégées, les dégâts infligés peuvent être considérables.

Le succès du TB2 s’explique en partie grâce au do-developpement de munitions air-sol légères parfaitement adaptées au drone, comme les MAM-L(22 kg) et MAM-C (6,5 kg)

Le TB2 souffre cependant d’un important handicap, celui de ne pas disposer, pour l’heure, d’une saison satellite permettant de diriger le drone au delà de la portée de la « ligne de visée ». Pour autant, les TB2 azéris se sont arrogés la part du lion dans les destructions de véhicules blindés, fortification et systèmes anti-aériens arméniens à l’automne 2020, soit par des frappes directes, soit, le plus souvent, en guidant des frappes par missile ou par l’artillerie, concourant à la destruction de plus de la moitié des blindés perdus par l’Arménie dans ce conflit. En outre, Bayraktar, le constructeur, a annoncé que les prochaines versions du TB2 seront dotés d’une liaison satellite, mais également d’une boule électro-optique de fabrication locale, après que le canadien Wescam ait décidé de retirer la licence d’exportation à la Turquie concernant la boule CMX-15D suite à l’offensive turque dans la nord de la Syrie contre les forces kurdes de 2019.

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