Pourquoi le F15-EX a-t-il fini par séduire l’US Air Force ?

Lorsqu’en 20190, l’administration Trump décida d’inscrire une commande de 8 F15-EX dans le budget 2020 du Pentagone, la dernière version du célèbre chasseur de Boeing, dans son budget, l’US Air Force accepta contrainte et forcée de voir ce nouvel appareil rejoindre ses rangs, alors que la stratégie d’acquisition visait avant tout d’augmenter le parc de F35A pour éliminer les F16, A10 et une partie des F15 encore en service. Depuis, et alors que seuls 2 appareils ont aujourd’hui été livrés aux forces aériennes américaines, le F15-EX joui d’une toute autre image, au point d’être désigné par le Chef d’Etat-Major de l’USAF, le général Brown, comme un des 4 avions de combat qui formeront la flotte de chasse américaine en 2030, aux cotés du F35, du F16 et du NGAD. Comment peut-on expliquer ce revirement si rapide, et quelles sont les conséquences d’une telle décision ?

Alors qu’avec le F15 Eagle, et le F/A 18 Hornet, Boeing avait une position dominante sur le marché des chasseurs américaines dans les années 80 et 90, les échecs successifs de la firme de Seattle pour les contrats qui donneront naissance au F22 Raptor puis au F35 Lighting 2, tous deux remportés par Lockheed, entamèrent grandement la dynamique de l’entreprise. Seule l’US Navy, avec le Super Hornet, et les succès à l’exportation du F15 et du Super Hornet dans leurs versions les plus évoluées, permirent à Boeing de maintenir ses compétences dans ce domaine critique. Pour autant, l’entreprise ne désarma pas, et continua de developper des versions de plus en plus évoluées de son appareils, notamment pour ses clients moyen-orientaux et asiatiques. Au final, les performances et capacités F15-QA commandés par le Qatar pour évoluer aux cotés des Rafale et Typhoon européens également acquis par le petit état gazier, commencèrent à intriguer le Congrès américain et surtout certains décideurs de l’US Air Force.

Le F15 a représenté le fer de lance de la chasse US pendant prés de 4 décennies. C’est le seul avion de combat moderne a avoir abattu plus de 100 appareils ennemis sans enregistrer la moindre perte en combat aérien.

Concomitamment, la montée des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, et le retour du spectre d’une possible guerre de haute intensité dans le Pacifique, amenèrent les chefs de l’US Air Force à étudier leurs options sur ce théâtre, notamment dans le cas d’une offensive sur Taïwan. Or, il devint rapidement clair que la stratégie imaginée autour du couple F22/F35 et d’une myriade d’avions de soutien (ravitailleurs, veille aérienne, renseignement électronique..) était très risquée sur ce théâtre. En effet, Pékin avait fait évoluer et dimensionné ses forces aériennes pour se doter de nombreux chasseurs à long rayon d’action, comme le J-11 et le J-16, ainsi que du chasseur furtif J-20, et avait déployé des moyens de détection capables de détecter non seulement les avions d’ancienne génération, comme le F15 et le F16, mais également les F22 et F35 malgré leur furtivité. Cette puissance aérienne et anti-aérienne ainsi formée, associée aux capacités de frappe préventive du pays, obligent désormais l’US Air Force à mettre en oeuvre des appareils dotés d’un rayon d’action supérieur à 1500 km pour protéger Taïwan, et de déployer les avions de soutien, surtout les précieux ravitailleurs, hors de portée de la chasse adverse et de ses missiles à longue portée PL-15 donnés pour dépasser les 200 km.


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