La soutenabilité économique est au coeur du programme britannique Tempest

Le Ministère britannique de La Défense a annoncé, en début de semaine, l’entame de la prochaine phase de developpement du programme FCAS pour Futur Combat Air System et son avion de combat de 6ème génération, le Tempest. Pour cela, Londres a confirmé une enveloppe de 2 Md£ pour financer les développements au cours des 4 prochaines années, de 2021 à 2025, permettant au programme de s’inscrire dans la durée, et de conserver ses objectifs d’entrée en service entre 2035 et 2040 pour remplacer les Typhoon de la Royal Air Force. Cette annonce n’est en soit que la confirmation de ce qui avait été établi par la nouvelle Revue Stratégique Intégrée présentée il y a quelques mois, et n’apporte guère plus de précision sur le calendrier exact ou les ambitions du programme si ce n’est que l’appareil ne sera pas conçu pour pouvoir être embarqué sur porte-avions. Ce n’est guère une surprise ceci dit, puisque l’ajout potentielle de catapultes et de brins d’arret aux porte-avions britanniques n’est prévu que pour des appareils d’une masse maximale au décollage de 25 tonnes, bien en deçà de ce que sera le Tempest. En revanche, elle s’accompagne d’une analyse indépendante macro-économique sur les effets attendus du programme, pour mettre en valeur sa soutenabilité dans la durée, et favoriser l’adhésion des britanniques eux-mêmes.

En effet, le rapport du très réputé cabinet Price Waterhouse Cooper, dont les conclusions sont annexées à la déclaration du ministère de La Défense, permet d’appréhender les implications du programme pour l’économie britannique, grâce aux nombreux chiffres avancés. Ainsi, on y apprend que le programme nécessitera un effort d’environ 1 Md£ par an pendant 30 ans (hors inflation), et générera 21.000 emplois sur le sol britannique, dont 7800 emplois directs hautement qualifiés avec un revenu supérieur à 100.000 £ par an en moyenne. Au total, ce seront 26,2 Md£ qui seront injectés dans l’économie britannique par ce programme, en dehors d’éventuelles exportations, ou de partenariats internationaux non confirmés. Quant aux entreprises majeures et sous-traitants du programme, elles généreront au total plus de 100 Md£ de retombées économiques dans le Royaume-Uni dans les 30 années à venir.

La conversion budgétaire n’est pas indiquée, mais avec un taux de prélèvement moyen dans le pays de 38 % selon Eurostat, et cout salarial moyen à 36.000 £, le programme générera donc à lui seul 300 m£ par an de revenus fiscaux, et les entreprises y participant un total de prés de 1 Md£ de recettes fiscales, toutes activités confondues. En d’autres termes, et en dehors d’une potentielle activité supplémentaire liée à des contrats d’exportation, ou d’un partage de la charge et de l’investissement avec des partenaires comme la Suède ou l’Italie, le programme Tempest s’avère être économiquement soutenable pour le budget britannique, bien davantage que ne peut l’être la participation à des programmes comme le F35.


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