Drones militaires et éthique : vrais débat ou faux-semblant ?

Depuis leur entrée en service il y a une vingtaine d’années, les drones ont régulièrement fait l’actualité, notamment dans un domaine ou l’on attend peu les developement de systèmes de combat, à savoir l’éthique. Alimentée par une culture populaire riche en référence cinématographique et littéraire, de nombreuses personnalités politiques mais également des scientifiques, des militaires et des philosophes, se sont emparés du débat pour tenter de comprendre, et de contrôler l’évolution de ces nouveaux systèmes et empêcher l’apparition des fameux « robots tueurs ». Ce débat, sur fond de valeurs éthiques mais également de craintes trés réelles d’emballement automatisé des combats, a-t-il des fondements et des objectifs réalistes et avérés, ou s’agit-il d’un nouveau nuage de fumée agité par certains ?

Aujourd’hui, le débat sur l’utilisation des drones au combat s’est scindé en deux débats parallèles. Le premier porte sur l’utilisation même de drones armés, ou sur son interdiction. C’est le cas notamment en Allemagne, ou les parties de gauche s’opposent violemment à ce que la Bundeswehr puisse employer des drones ou des robots emportant des armes létales, pour les restreindre aux missions de renseignement et de communication. Ce débat porte à conséquence bien au delà des frontières germaniques puisqu’il touche également les fonctionnalités et capacités offensives des systèmes conçus conjointement avec d’autres pays européens, comme le drone Euromale, ou les programmes d’avion de combat SCAF et de chars MGCS de nouvelle génération. Il s’agit d’un débat purement éthique, qui trouve un fort écho dans l’opinion publique allemande, même si l’utilisation des drones armés comme des munitions vagabondes s’est largement répandu ces dernières années dans de nombreuses armées, au point de jouer un rôle prépondérant lors des conflits récents comme en Syrie, en Libye ou dans le Haut-Karabakh. Il faut également noter que les soutiens d’une position stricte de l’Allemagne contre les drones armés sont également le plus souvent en faveur d’une adhésion de Berlin au Traité pour l’interdiction des armes nucléaires, et donc de son retrait de la mission de dissuasion de l’OTAN à laquelle participe la Luftwaffe.

Le débat fait rage dans les médias allemands quant à savoir si les Eurodrone de la Luftwaffe doivent ou non pouvoir être armés si besoin, avec des répercutions sur les programmes de coopération européens.

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