Pourquoi augmenter le budget des Armées de 24 Md€ couterait moins de 3 Md€ aux finances publiques ?

En 2021, le ministère des Armées et le Parlement français doivent se concerter pour ce qui est appelé une « clause de revoyure » concernant la Loi de Programmation Militaire 2019-2025 actuellement en cours. L’objectif de cette procédure est d’adapter aux évolutions des besoins, des technologies et de la situation internationale, les ambitions et les grands axes de la LPM, de sorte à la rendre plus performante. Comme nous l’avons déjà abordé, et contrairement à d’autres pays européens comme l’Italie, l’Hotel de Brienne, et surtout le ministère des Finances et la Présidence de la République, n’ont pas jugé pertinent de canaliser une partie des ressources consacrées au Plan de Relance Covid vers les Armées, estimant que la LPM constituait en soi un plan de relance suffisant.

Pourtant, la situation globale a très sensiblement évolué depuis la rédaction de la Revue Stratégique 2019, qui servit de base à la LPM 2019-2025. En effet, outre les tensions internationales qui se sont largement accrues, de nombreuses nouvelles menaces sont apparues ou ont considérablement progressé, comme les armes hypersoniques, la guerre cyber ou la guerre électronique, et l’ensemble des Chefs d’Etat-Major français tentent tant bien que mal d’attirer l’attention sur le retour du risque de conflit de haute intensité, pour lequel les armées françaises, même à l’issu de la LPM, ne sont pas optimisées. Dans ce contexte, est-il possible d’accroitre les ressources allouées aux armées pour répondre, sur la LPM en cours, à ces enjeux, ou tout du moins pour lancer la dynamique nécessaire à cela ? Et l’effort budgétaire demandé aux finances publiques est-il soutenable dans le cadre économique actuel ?

L’Armée de Terre ne dispose aujourd’hui que de deux brigades lourdes se partageant les 200 MBT Leclerc en service

Quels besoins pour quels couts ?

En 2021, le budget des armées en France atteindra les 39,2 Md€, soit une hausse de 1,7 Md€ par rapport à 2020. Conformément à la Loi de Programmation Militaire, ce budget a connu une augmentation de presque 7 Md€, soit 22%, en 4 ans. Il s’agit de la plus forte hausse de crédits défense depuis plus de 50 ans, et de la première fois qu’une Loi de Programmation Militaire est strictement respectée, depuis la mise en place de ce type de législation. De fait, on ne peut qualifier le gouvernement actuel de laxiste dans ce domaine, d’autant que cette hausse dépasse de loin celle de l’immense majorité des autres membres de l’OTAN. Pour autant, elle ne permettra, même en étant menée à son terme, que de « réparer » les dégâts causés par 20 années d’errance budgétaire en matière de Défense sur le principe des « Bénéfices de la Paix », que l’on sait désormais avoir été une illusion. Et la LPM 2019-2025 ne permet pas, en substance, de redonner aux armées françaises, et dans des délais suffisamment courts pour faire face aux enjeux de défense à moyen terme, les capacités de combattre des adversaires technologiquement avancés dans des engagements de grande ampleur et de longue durée.

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