Blekinge, Barracuda, Taigei : quelles sont les performances des sous-marins conventionnels modernes ? – 2nde partie

Selon l’état-major de la Marine américaine, les sous-marins représenteraient aujourd’hui, la meilleure réponse face à la montée en puissance de certaines puissances navales, citant en particulier la Chine. Il est vrais qu’en Asie, le nombre de sous-marins en service dans les différentes marine à plus que quadruplé en 20 ans, et que toutes les marines d’importance sont engagées dans le renouvellement voir l’extension de leur flotte de submersible. Dans le second volet de cet article destiné à présenter les sous-marins à propulsion conventionnelle qui entrent aujourd’hui en service, ou qui le feront dans les années à venir, nous présenterons les 5 derniers modèles de ce panel, classés par ordre alphabétique selon leur pays de conception.

France : Modèle Shortfin Barracuda

Parmi tous les sous-marins présentés ici, le Shortfin Barracuda de Naval Group est unique, et ce à plus d’un titre: c’est le seul sous-marin à propulsion conventionnelle à être dérivé d’un sous-marin nucléaire d’attaque, et le seul à en avoir, effectivement, nombre des attributs spécifiques à ce type de navire. En effet, le Shortfin Barracuda, et sa version australienne la classe Attack, dérivent de la nouvelle classe de Sous-Marin Nucléaire d’Attaque (SNA) Suffren, dont la première unité éponyme termine actuellement ses essais en Méditerranée en vue d’entrer en service dans les mois à venir au sein de la Marine Nationale française. 6 exemplaires ont été commandés par la France pour remplacer ses 6 SNA de première génération de la classe Rubis/Amethyste, la dernière unité devant entrer en service en 2028.

Le Suffren, première unité de la classe éponyme, termine ses essais en mer et devrait prochainement entrer en service dans la marine nationale

Le Shortfin Barracuda a conservé de très nombreux attributs du Barracuda initial, et notamment son hydrodynamique optimisée, sa propulsion employant une « Pump-Jet » pour empêcher les bruits de cavitation autour de l’hélice, ses barres de plongées en croix de Saint-André, ainsi que ses imposantes dimensions, avec une longueur de 97m et un deplacement de 4500 tonnes en plongée. De fait, le Shortfin est conçu, comme son grand frère, pour aller vite, et même très vite pour un sous-marin à propulsion conventionnelle. C’est d’ailleurs ce qui, semble-t-il, a fait la différence pour la Marine Royale Australienne, le Shortfin étant conçu pour se déplacer silencieusement à des vitesses pouvant atteindre 12 à 15 noeuds, le triple de celles de ses adversaires allemands et japonais.

Or, pour l’Australie, et son immense domaine maritime, la vitesse est un facteur essentiel, et la stratégie de la chasse à l’affut, plébiscitée par les sous-marins conventionnelles de l’OTAN en Baltique, Mer du Nord ou Méditerranée, ne peut s’appliquer efficacement aux entendues du Pacifique bordant l’ile continent. Qui plus est, si les submersibles japonais, sud-coréens ou indiens ont potentiellement toutes les chances faire face à des sous-marins AIP Type 39A/B chinois, voir à des 636.3 russes, les navires australiens, quand à eux, devront en toute probabilité se confronter à des sous-marins à propulsion nucléaire, comme les Type 09III de la classe Shang chinois, ou les Akula et autre Antey russes, capables de pointes de vitesse très supérieures à celle de n’importe quel sous-marin conventionnel classique.

Les Shortfin Barracuda de la classe Attack seront doté d’un pump-jet tout comme les SNA Suffren et les SNLE le Triomphant français, permettant de réduire les bruits de l’hélice à haute vitesse

De part sa taille imposante, le Shortfin dispose d’une grande autonomie en plongée, grâce notamment à ses batteries de dernière génération, et d’une capacité d’emport d’armement et de systèmes sans commune mesure avec les autres sous-marins conventionnels. Il disposera ainsi de pas moins de 28 torpilles anti-sous-marines, ou un panachage de torpilles, de missiles anti-navire et de missiles de croisière, avec une autonomie à la mer de 80 jours, pour un équipage de 60 hommes. Les submersibles australiens bénéficieront d’un système de combat développé par Lockheed-Martin, et de sonars développés par Thales UK. Le premier exemplaire entrera en service au début des années 2030. Le modèle est également proposé par Naval Group aux Pays-Bas pour remplacer ses sous-marins de la classe Walrus, avec certains ajouts technologiques, là encore, exclusifs.

Japon : Classe Taigei


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