L’avion Awacs embarqué chinois KJ-600 a effectué son premier vol

S’il est un domaine dans lequel la montée en puissance de l’outil militaire chinois impressionne les occidentaux, c’est bien dans celui de la planification des moyens à long terme. En effet, l’Armée Populaire de Libération est parvenue, jusqu’ici, a systématiquement disposer au même instant, des nouveaux équipements attendus, mais également de l’ensemble des sous-composants nécessaires ainsi que des personnels et des infrastructures de maintenance pour permettre une entrée en service operationelle rapide et efficace. L’un des derniers exemples en la matière porte sur l’allongement des destroyers Type 052D à partir de la 19ème unité afin de recevoir le nouvel hélicoptère Z-20, le navire étant entré en service simultanément à celle des premiers hélicoptères de ce type dans la Marine chinoise.

Le Zibo, 19ème destroyer Type 052D et premier a avoir une coque allongé, est entré en service concomitamment à celle de l’hélicoptère naval Z-20 qu’il mettra en oeuvre.

Cette planification atteint parfois une précision des plus remarquables. C’est le cas aujourd’hui avec la publication de clichés montrant le premier vol du KJ-600, un appareil de veille aérienne embarqué donné pour être le pendant chinois de l’E2-D Hawkeye qui équipe l’US Navy, les forces d’autodéfense japonaises et prochainement, le porte-avions français Charles de Gaulle. Ce premier vol intervient, en effet, à quelques 12 à 18 mois du lancement du premier porte-avions chinois Type 003 doté de catapultes, et donc capable de mettre en oeuvre cet appareil. De fait, selon toute probabilité, le nouveau navire chinois, qui doit entrer en service fin 2023 ou début 2024, disposera dès son arrivée de ses chasseurs embarqués J-15, des appareils de guerre électronique J-15D, ainsi que des avions de veille aérienne KJ-600, lui conférant des capacités opérationnelles équivalentes à celles des porte-avions américains ou français qui, jusqu’ici, étaient les seuls à en disposer. Il s’agit d’une démonstration remarquable, tant il est difficile de faire converger vers un point unique des développements aussi différents. Britanniques et américains en ont fait la douloureuse expérience ces dernières années, avec un porte-aéronefs HMS Queen Elizabeth opérationnel mais sans avion, et un porte-avions Ford à la mer mais sans catapultes …

Le Grumman E2 Hawkeye a conféré aux groupes aériens embarqués américains et français une capacité inégalée pour surveiller l’espace aérien aérien et maritime autour du groupe aéronaval

Le KJ-600, du constructeur Xian, est un appareil propulsé par deux turbo-propulseurs et servi par un équipage de 5 ou 6 membres, capable d’être catapulté du point d’un porte-avions et récupéré par ce dernier grâce à sa crosse d’appontage. Il est équipé d’une coupole radar, à l’instar du Grumman E2 Hawkeye dont il est, selon toute vraisemblance, inspiré. Comme lui, le KJ-600 aura pour fonction de surveiller l’espace aérien et maritime autour du groupe aéronaval chinois, et de diriger les avions de combat du porte-avions ou les moyens de son escorte vers des appareils ou des navires potentiellement hostiles, sans que ces derniers n’aient à révéler leur présence en employant leurs propres radars. Selon toute vraisemblance, le radar AESA qui équipe KJ-600 opérera, comme pour le KJ-2000 et le KJ-500 déployés à partir de bases terrestres, en bande UHF, permettant de détecter plus facilement, et surtout plus loin, les appareils « furtifs » comme le F35 ou le F22.

Ces deux dernières décennies, l’industrie chinoise a enregistré d’immenses progrès, aussi bien dans le domaine de la conception d’aéronefs que de radars embarqués, notamment concernant les radars à antenne active AESA. Aujourd’hui, la majorité des appareils de chasse, de même que les navires de combat sortant des usines et chantiers navals chinois sont équipés de ce type de radar, permettant une surveillance plus étendue, et qui offrent une résistance renforcée au brouillage vis-à-vis des radars à antenne passive. Dans le domaine aéronautique, le dynamisme des industries chinoises est également très élevé, avec un à deux nouveaux prototypes dévoilés chaque année, qu’il s’agisse d’avions de combat, d’entrainement et d’attaque, de transport, de soutien, ou de drones lourds. Le rythme en Europe, sur un périmètre équivalent, est 4 à 5 fois moins soutenu, sur la précédente décennie.

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