En 3 ans, la Chine a produit 3 fois plus de destroyers que les Etats-unis et leurs alliés du théâtre Pacifique

L’industrie navale militaire chinoise a lancé, dimanche 31 aout 2020, simultanément le 8ème destroyer lourd Type 55 et le 25ème destroyer Type 52D, deux des principales unités de surface combattantes de la Marine de l’Armée Populaire de Libération. Au delà du lancement simultané de plus de 20.000 tonnes de destroyer, la production des navires de combat chinois atteint désormais un rythme que le monde n’avait plus connu depuis la seconde guerre mondiale. En effet, depuis le mois de juin 2017, lancement du premier destroyer Type 055 de sa classe, l’industrie navale militaire chinoise a lancé pas moins de 21 destroyers et destroyers lourds, 8 Type 055 et 13 Type 052D, un nombre de navires de ce type qui n’avait jamais été atteint depuis les lancements de 28 croiseurs légers et croiseurs lourds par les chantiers navals américains entre 1943 et 1945.

Longs de 180m pour un deplacement estimé supérieur à 11.000 tonnes, les destroyers lourds Type 055 sont parmi les plus puissantes unités de surface combattantes existantes, mettant en oeuvre pas moins de 112 cellules de lancement verticales pouvant accueillir des missiles anti-aériens à longue portée HHQ-9 et à moyenne portée HHQ-16, ainsi que des missiles anti-navires YJ-18A et des missiles de croisières CJ-10. Il dispose en outre d’un radar AESA à face plane de dernière génération Type 346B, en faisant un navire équivalent aux croiseurs Ticonderoga américains. Le destroyer Type 052D affiche une longueur de 157 m pour 7500 tonnes de jauge. Il dispose de 64 cellules de lancement vertical pouvant accueillir les mêmes missiles que le Type 055, ainsi que d’un radar AESA à face plane Type 346A moins puissant que celui du Type 055. Depuis la 19ème unité, les Type 052D ont vu leur coque allongée afin d’accueillir un nouveau radar de veille aérienne basse fréquence, ainsi que la capacité à mettre en oeuvre le nouvel hélicoptère naval Z-20. En tout état de cause, ni le Type 55, ni le type 052D n’affichent de défaut rédhibitoire ou de capacités inférieures à leurs homologues occidentaux.

Les destroyers Type 052D disposent d’une coque allongée à partir de la 19ème unité, permettant notamment de recevoir un nouveau radar et d’accueillir l’hélicoptère naval Z-20.

Dans le même temps, les chantiers navales américains n’auront, eux, lancé que 5 destroyers Arleigh Burke, alors que parmi les alliés du Théâtre pacifique des Etats-Unis, seul le Japon a lancé deux nouveaux destroyers, en l’occurence les deux destroyers Aegis de la classe Maya. A ce rythme, en tenant compte du retrait des destroyers obsolètes de la marine chinoise, de l’existant et de la production des industries américaines, japonaises, sud-coréennes et australiennes, et du retrait ou la prorogation des unités existantes, l’APL aura rattrapé, sur le plan quantitatif, la force navale de haute mer alliée d’ici 2030. A cette date, si 70% des 90 destroyers chinois auront moins de 10 ans, seules 30 % des unités alliés auront moins de 15 ans, alors que 40% d’entre elles auront plus de 25 ans. En outre, Pékin n’a que peu d’intérêts à déployer ses forces en Atlantique ou en Méditerranée, alors que les Etats-Unis y sont contraints, sauf à laisser l’Europe faire face, seule, à la pression de la marine russe sur ce théâtre, marine russe qui, rappelons le, dispose également d’une flotte Pacifique basée à Vladivostok.

Toutefois, il est possible que Pékin ne maintienne pas le rythme actuel dans les années à venir. En effet, l’augmentation des capacités de production de destroyers était en partie liée à la fin de la construction des 30 frégates type 054A qui arment désormais la Marine chinoise. Or, il est annoncé que prochainement sera lancé la production d’une nouvelle classe de frégate, identifiée Type 054B, un modèle considérablement amélioré vis-à-vis des modèles A, disposant entre autre d’une propulsion intégrée électrique, et d’un armement renforcé. Mais même avec le transfert d’une partie des capacités de production vers les frégates type 054B, le rythme de production de l’industrie navale chinoise restera très élevé, selon toute probabilité. Il serait en effet très surprenant que Pékin renonce à employer son outil productif dimensionné à grand frais pour permettre à la Chine de prendre l’ascendant sur les mers vis-à-vis des Etats-unis et de leurs alliés.

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