L’Iran négocierait l’acquisition de systèmes anti-aériens S400, Tor M2 et Pantsir S2 auprés de la Russie

La politique étrangère de Donald Trump se retourne-t-elle contre lui ? C’est ce que l’on peut penser alors que la proposition américaine de prolonger l’embargo sur la vente d’armes à l’Iran a été rejeté par l’immense majorité du conseil de sécurité des nations unis la semaine dernière, y compris par les alliés français et britanniques. Rappelons que cet embargo était lié à la poursuite du programme nucléaire militaire de Téhéran, ainsi qu’aux accords de Vienne, dont les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018 sur décision du président Trump. De fait, l’Iran sera en mesure d’acquérir des systèmes d’armes à partir du 18 octobre de cette année, sauf revirement exceptionnel et peu probable, lié à l’utilisation de la procédure « snapback » par Washington, une forme de droit de véto inversé, interdisant de sortir d’une décision.

Outre les S400 et les Pantsir S2, Téhéran s’intéresse également au système anti-aérien à courte portée Tor M2, qui s’est montré très efficace, selon Moscou, en Syrie dans La Défense de la base aérienne de Hmeimim

Quoiqu’il en soit, Téhéran semble déterminé à rapidement renforcer sa défense anti-aérienne, puisqu’à l’occasion du salon Army 2020 qui se tient en ce moment à coté de Moscou, un officiel de la société d’exportation russe Rosoboronexport aurait indiqué que le pays était en négociation avec Moscou pour acquérir 4 batteries S-400 ainsi qu’une quarantaine de systèmes Tor M2 et Pantsir S2 de défense aérienne à courte portée. En outre, si les autorités iraniennes négocient effectivement l’acquisition de systèmes aussi sensibles que le S400 avec Moscou, il est plus que probable que d’autres systèmes tout aussi sensibles, comme des chasseurs Su30SM ou Su35s, voir des chars T90M, pourraient suivre, les armées iraniennes ayant un cruel besoin de moderniser leurs équipements.

Téhéran a, à plusieurs reprises, fait part de son intérêt pour le Su30SM russe afin de remplacer ses F4 Phantom II.

Il est également probable que si Téhéran négocie effectivement avec Moscou l’acquisition de nouveaux systèmes d’armes modernes, il en soit de même auprés de Pékin, qui est également en mesure de proposer des systèmes militaires à fort potentiel, comme les corvettes Type 056, les frégates Type 054, les sous-marins Type 039 ou encore les avions de combat J10. La Chine s’est, en effet, toujours tenue aux cotés de l’Iran, notamment durant les périodes d’embargo, tant sur le volet économique, Pékin étant particulièrement intéressé par les ressources naturelles de Téhéran, que du point de vu militaire. Ainsi, en 2017, les deux pays participèrent à un exercice militaire conjoint avec la Russie en mer d’Oman et dans l’Océan Indien. En outre, plusieurs avancées technologiques iraniennes récentes, dans le domaine des missiles balistiques ou des radars, sont très probablement liées à des transferts de technologiques en provenance de Chine et de Russie.

Les frégates Type 054A chinoises représentent, sans le moindre doute, une acquisition de choix pour la marine iranienne

Or, si l’Iran venait effectivement à acquérir ces systèmes modernes, le pays pourrait alors s’appuyer son poids démographique, 82 millions d’habitants avec un âge médian à peine au dessus de 30 ans, pour prendre une position largement dominante au Moyen-orient, d’autant que Téhéran a lié des alliances fortes avec l’Irak (40 millions d’habitants) et la Syrie (17 millions d’habitants). On comprend, dans ces conditions, ce qui amena les autorités des Emirats Arabes Unis à normaliser leurs relations avec Israël, avec, à la clé, l’accord du premier ministre israélien (sans en référer à son état-major) pour que les Etats-Unis puissent céder à Abu Dabi des avions F35 et des drones à long rayon d’action, comme le Global Hawk. Une chose est certaine, si l’annonce relayée aujourd’hui par le site defenseworld.net s’avérait confirmée, il faudra s’attendre à une augmentation sensible et rapide des programmes d’acquisition d’armement au Moyen-Orient.

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