Taiwan va envoyer une équipe en Europe pour suivre la conception des composants de son prochain sous-marin

Selon le quotidien taïwanais Liberty Times, cité par le site taiwannews.com, le ministère de La Défense de l’ile indépendante de Taiwan, va envoyer une équipe de 6 ingénieurs en Europe pour une visite de 11 jours en Europe en 2020, afin de vérifier et de suivre la conception et la fabrication des composants destinés à équiper le prototype de la nouvelle classe de sous-marins voulue par les autorités taïwanaises. Une autre équipe de 6 membres effectuera la même mission aux Etats-Unis, pour une visite de 8 jours cette fois.

Le ministère de La Défense taïwanais a en effet confirmé avoir sécurisé des contrats de prestation avec une quinzaine de groupes industriels en Europe et aux Etats-Unis, pour concevoir et fabriquer l’ensemble des équipements et éléments indispensables à la conception de ce prototype, qui bénéficie d’un budget de 1,5 Md$. Le ministère de La Défense a financé, sur cette seule année 2019, prés de 250 m$ consacrés à ce programme, dont 120 m$ pour la construction des infrastructures de fabrication.

Jusqu’à présent, seuls les Etats-Unis semblaient avoir décidé d’épauler Taipei dans le renforcement et la modernisation de son outil de défense, pour être en mesure de faire face à une possible agression venant du continent. Or, dans le domaine précis des sous-marins à propulsion conventionnelle ou AIP, les chantiers navals US n’ont plus de compétence, n’ayant plus fabriqué ce type de submersible depuis les années 60. Taipei devait de fait se tourner vers d’autres partenaires, ne pouvant être qu’en Europe, au Japon ou en Corée du Sud, seuls pays à disposer de ces savoir-faire en occident. En revanche, toute participation ou assistance portée à Taiwan dans un programme de Défense risque de provoquer la colère de Pékin, avec à la clé de possibles mesures de rétorsions économiques.

Si l’on en croit le ministère de la Défense Taïwanais, il semble que les européens aient décidé de se partager cette mission, de sorte à ne jamais apparaitre comme un prestataire technologique principal de défense vis-à-vis de Pékin. Il est d’ailleurs probable que l’identité des industriels européens reste inconnue du public, de sorte à ne pas provoquer exagérément les autorités chinoises.

La Marine taïwanaise dispose de 6 frégates légères de la classe Kang Ding dérivées des FLF françaises

La construction du prototype débutera en 2020 selon le ministère de La Défense, et le bâtiment devrait entamer ses tests à la mer en 2024 ou début 2025. Il sera suivi par 7 autres unités échelonnés jusqu’au milieu de la décennie suivante. La Marine taïwanaise met aujourd’hui en oeuvre deux sous-marins de type Guppy II datant de la seconde guerre mondiale et modernisés pour devenir la classe Hai Shih, et deux sous-marins de type Zwaardvis néerlandais acquis dans les années 80, et modernisés pour devenir la classe Hai Long. Elle met également en oeuvre 4 destroyers et 28 frégates, pour la majorité des bâtiments acquis d’occasion auprés de l’US Navy (destroyers classe Kidd, frégates classe Knox et O.H Perry) ainsi que les 6 frégates légères furtives dérivées des Lafayette acquises auprés de la France dans les années 90, qui sont les bâtiments les plus modernes de la flotte taïwanaises. Elle a récemment entrepris la construction d’une nouvelle classe de corvettes lance-missiles côtières.

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